L’alchimie de l’arbre généalogique – NOËLLE LAMY

Noëlle Lamy revient avec un livre-phare qui nous invite à comprendre la dimension inconsciente partagée avec nos ancêtres. Dans L’Alchimie de l’Arbre, elle transmet son cheminement à travers vingt années de pratique et de recherches, de la psychogénéalogie à la psychanalyse transgénérationnelle. Au fil des pages, aux clés de compréhension des lois transgénérationnelles succède l’exercice pratique : de la transmutation du plomb de nos souffrances familiales vers l’or d’un futur épanoui.

Pour que vive notre Arbre alchimique !
Votre ouvrage jette un pont entre psychogénéalogie et psychanalyse transgénérationnelle. Comment s’articulent ces approches ?
La psychogénéalogie donne du sens à notre arbre généalogique, en mettant à jour la psyché de nos ancêtres. Cela permet de comprendre l’histoire de notre famille, en repérant les répétitions de dates, âges, maladies, faits de vie… Le visible ouvre alors la porte de l’invisible. Bien souvent, ce travail ne peut faire l’économie d’une exploration psychanalytique. La psychanalyse transgénérationnelle s’ouvre donc naturellement lorsque ce repérage est effectué ; elle nous permet d’entrer dans la dimension inconsciente que nous portons, héritée de nos ancêtres. Cette recherche vise à remonter à l’origine, c’est-à-dire la première génération où « cela » a eu lieu (par exemple, la perte de jeunes adultes qui se répète de génération en génération). Grâce à cet outil, nous allons tenter de comprendre comment a été vécu ce traumatisme et pourquoi les descendants restent ainsi assujettis à ces inconscients familiaux.
De quelle manière réussit-on à faire la paix au pied de notre arbre ?
Dans ce vaste champ de douleurs que peut être un arbre généalogique, un jour, la paix se fait, parce que l’histoire de nos ancêtres n’est pas la nôtre. Nos souffrances sont simplement des héritages auxquels nous pouvons donner sens ; nous apprenons à nommer ces derniers afin de les amener, doucement, à s’installer là où ils doivent être – comme dans l’histoire de cette arrière-grand-mère qui, certes, se prostituait mais n’avait pas eu d’autre moyen pour nourrir ses enfants. Un jour ou l’autre, le consultant sent pousser en lui une petite branche de tendresse pour cette bisaïeule…
Comment avez-vous rencontré ce travail sur les histoires familiales ?
Au départ, mon diplôme de masseur-kinésithérapeute a été un tremplin vers le soin de l’autre, mais il m’a montré les limites de cette pratique telle qu’elle était enseignée dans les années 1970. C’est grâce à ces limites que je me suis lancée dans une formation continue pour les décennies qui ont suivi ! Ainsi, depuis le passage dans les mains de Françoise Mézières(2) en 1976, j’ai exploré l’ostéopathie crânienne, puis générale, la médecine traditionnelle chinoise, l’énergétique, la médecine anthroposophique, la sophrologie, des approches d’homéopathie uniciste et d’autres chemins de curiosité (lecture des textes sacrés, l’apprentissage de l’iconographie…). Tout naturellement, j’en suis venue à me poser la question de la famille, de son histoire, son influence sur notre vie, nos choix, nos douleurs, nos chagrins, nos casseroles et l’acquisition, parfois à grand frais, de notre liberté… Après nombre de tournants de vie, dont la mort de mon père quand j’avais 27 ans (qui m’a ouvert la voie de l’analyse et de la compréhension de l’émotionnel), j’ai eu le désir de travailler sur les histoires familiales. J’ai d’abord été formée par une élève de Chantal Rialland et de Alejandro Jodorowsky, issue de l’AIP (Association internationale de psychogénéalogie), avant de devenir assistante dans son cours. Quand je me suis sentie prête à pratiquer cette technique incroyable, une opportunité de reprise de cabinet s’est « miraculeusement » présentée à moi… J’ai poursuivi ma formation en travaillant sur la compréhension du sens et des symboles, explorant avec des praticiens
solides le sens des maladies, la bioanalogie, la psychologie nucléaire, tout en continuant le travail sur mes profondeurs.

Votre livre s’intitule L’Alchimie de l’Arbre : qu’est-ce qu’un Arbre alchimique ?
C’est le retour fécond que nous fait l’arbre après un travail transgénérationnel. Comme dans le travail alchimique, je discerne quatre temps. Plus globalement, appréhender les liens avec nos ascendants permet d’alléger la chape de plomb qui pèse sur nos épaules sous prétexte d’héritages familiaux, et d’en faire son or personnel. Car chacun de nous est un être unique, original et singulier. En cela, ce travail est alchimique. Dans cette alchimie, on distingue deux étapes, sur les- quelles j’ai articulé le livre. Il y a d’abord la théorie sur laquelle s’appuie la psychogénéalogie et les outils qui permettent de rendre la lecture d’un arbre claire
et compréhensible. Une vraie technique ! Dans un deuxième temps, l’enjeu est de voyager dans la richesse née de cette première étape, ouvrant le fruit de toutes ces découvertes et laissant nos inconscients nous guider. L’arbre généalogique se lit alors de manière alchimique, et en miroir cette lecture opère en nous une alchimie liée exclusivement à lui, nous donnant la pleine dimension de notre richesse personnelle. Ce parallèle avec le travail alchimique tisse la spécificité de votre livre. De l’œuvre au noir à l’œuvre au rouge, comment se traduisent les quatre étapes alchimiques de ce travail transgénérationnel qui mène au Grand Œuvre ?
En amont de ce travail, il y a la douleur, la tristesse, l’incapacité de trouver sa place, la manière dont on va se remettre plus ou moins bien (ou pas) de nos traumatismes. Puis, il y a cette mélancolie profonde qui, un jour, vient « toquer » à notre conscience ; je l’appelle « bienheureuse mélancolie » car elle nous met en mouvement. Avec le désir de s’en sortir démarre l’œuvre au noir… Ce temps d’exploration peut s’avérer difficile : nous devons fouiller l’histoire familiale, passer des nuits blanches à parcourir des registres d’état civil, chercher un acte… Je suis en train d’écrire un article sur cette alchimie de l’Arbre à laquelle j’ai consacré ce livre et j’y relate l’histoire d’une consultante d’une trentaine d’années qui a dû aller chercher son acte d’état civil pour refaire ses papiers. Or, elle a constaté que sa mère lui cachait des choses. Jusque-là, sa mère tenait son acte de naissance scellé dans un tiroir de son bureau et le livret de famille ne lui était pas accessible. Un geste qui tient l’enfant (qu’elle n’est plus) à distance de la vérité. On est dans ce que Freud a appelé le « roman familial » : « Je vais raconter la plus jolie histoire possible, afin de vous endormir et que vous n’ayez pas envie d’aller fouiller. » Mais c’est justement parce que c’est une histoire et pas mon histoire que ça va éveiller des soupçons… et que j’aurai envie d’aller chercher ! C’est là l’œuvre au noir : je vais me coltiner la douleur d’aller explorer (actes, lettres, questions aux proches) et m’apercevoir, par exemple, que ce grand-père « formidable et superbe » n’était pas agent secret ou aviateur, il était en prison… Et pourquoi tel grand-père n’était pas au mariage de mes parents ? J’utilise exprès ces mots parce que l’enfant pose ces questions. Même à 60 ans, l’enfant à l’intérieur de nous continue à se les poser, parce qu’il est resté bloqué dans le mensonge que les parents ont raconté ou que le roman familial a véhiculé. Et mensonge il y a, afin que la vérité ne vienne pas replonger le système dans une honte vécue au moment des faits.
L’œuvre au noir des alchimistes, c’est la calcination qui mène à l’œuvre au blanc… Comment s’opère le passage ? La calcination, ça peut être douloureux comme étape. Elle permet la pénétration dans l’inconscient par l’énergie de Saturne, de la mort symbolique, la décomposition, étape de la rencontre de l’ombre, phase de lente déconstruction. Lente, car il faut « user » les croyances après les avoir revisitées. Il convient de se laisser pénétrer par des informations nouvelles, qui vont créer une géographie émotionnelle différente. C’est la mort d’une ancienne image, la fin par le feu émotionnel (colère…) de ce à quoi nous tenions et à quoi nous nous identifiions : nos illusions, les
légendes familiales, les croyances transmises de génération en génération, toutes nos projections. Puisque c’est « calciné », l’œuvre au blanc s’ouvre sur de la cendre – on a désencombré ! Sachant que la cendre est fertile, l’œuvre au blanc n’est-elle pas féconde ? C’est exactement ça : le désencombrement va de pair avec la fertilité ! La nostalgie est fertile : c’est parce que j’ai enlevé des choses que ça va faire de la place et qu’autre chose va pouvoir se créer. Ce processus d’intériorisation part de la Materia Prima de notre inconscient (dont parle Jung dans Psychologie et Alchimie) pour mener aux prises de conscience. L’œuvre au blanc pose en quelque sorte le cadre
historique de notre famille, étape donc où se fait un grand lessivage.


À l’issue de ces deux étapes, le « qui je suis » se dévoile-t-il ?
Une précision : à ce stade, le risque est de se disperser dans tous les possibles. Les informations s’accumulent et peuvent nous noyer. Le discernement ici est essentiel ! Pour répondre à la question : sur le blanc (propre à l’œuvre au blanc), on va commencer à poser des couleurs pour cheminer vers l’œuvre au jaune. C’est intéressant parce que le chakra du plexus solaire, associé à la couleur jaune, est situé juste au-dessus du chakra sacré, relié à notre créativité. Ce chakra solaire dit : voici que vient l’union entre le sol (le rouge et l’orange des deux premiers chakras)
et l’air (ce qui vient du haut), entre ce qui est en bas et ce qui est en haut. À cette étape, j’ai commencé à écrire mon histoire. Nous sommes au début de l’éveil à Soi…


Dans le livre, vous utilisez un acronyme : le SOI pour « Souvent Oublié à l’Intérieur ». C’est tellement vrai !


Oui, parce que l’on pense souvent peu à soi… Et le Soi va alors venir se révéler dans cet espace laissé libre, au niveau du plexus solaire. C’est beau parce que le solaire est ce qu’il y a là-haut ; celui que l’on appelle Notre Père. Plus j’avance, plus je fais des parallèles avec les archétypes de la Bible. Il s’agit du moment où, au-delà de la noirceur et de la calcination, j’entre en compréhension de « qui » je suis : comme j’ai calciné, souffert et pleuré jusqu’à ne plus avoir de larmes, je me donne le droit à être « quelque chose » que personne n’avait jamais encore vu. À cette étape de l’œuvre au jaune, on se sent en contact avec l’âme du monde. Le troisième temps de ce travail s’inscrit dans la découverte de l’ancêtre guide qui permet une forme de Sublimation, comme je le détaille dans le livre. Cela permet de lâcher l’identification au Moi. Cette prise de conscience permet de ne plus être dans le manque
ou dans la séparation, mais dans l’émanation de l’âme du monde, où se trouve l’énergie des Grands Anciens et de tous les éveillés qui ont accompagné la croissance de l’humanité.
On arrive à l’étape ultime de l’œuvre au rouge, qui signe l’union de tout ce qui a été traversé. Il n’y a donc pas de rejet des premières étapes, plutôt intégration ?


Effectivement. Je ne peux pas faire l’économie des premières étapes, même si c’est douloureux. La première fois que j’ai intégré des choses de l’ordre de la toxicité dans ma famille d’origine, j’ai mis des années à l’accepter, à me dire c’est mon histoire, je ne peux pas la rejeter… D’abord parce que « ça » a été, et c’est ainsi que je peux passer du plomb à l’or. Le SOI devient alors la Sublimation de son Or Intérieur. L’œuvre au rouge, c’est l’incandescence, la manifestation tangible de notre vie ! Cette dernière étape est comme un grand œuvre alchimique : la transformation de la pierre brute en un cristal rubis, fusion de la matière et de l’esprit. Dans cette union de l’âme et du
corps, le Moi perd sa place au profit du Soi, en plénitude.


À quoi ressemble un arbre alchimique sain, dans sa plénitude ?
C’est là que c’est intéressant ! Dans ce travail en séances individuelles sur l’arbre généalogique, durant un an, voire un an et demi, régulièrement on inscrit des informations sur cet arbre, dessiné sous la forme d’un génogramme. Lors de l’entrée dans ce que je nomme « la danse de l’arbre », il est juste constitué de deux feuilles de paperboard collées verticalement côte-à-côte, que l’on complète au gré des besoins… et il va peut-être finir, au fil des ajouts, par mesurer deux mètres de large sur deux mètres de haut ! J’ai un grand mur chez moi (Rire). Et quand je n’ai pas un
grand mur à disposition, je tourne autour de la pièce, alors l’arbre prend la forme de celle-ci. À un moment donné, on s’assoit devant cet arbre : on écrit son histoire selon ce que le transgénérationnel est venu nous apprendre, et non selon ce que nos parents nous ont dit, ni selon les actes d’état civil ou ce que nos valises cabossées recèlent. On écrit ce que l’on a découvert. D’un seul coup, je le vois bien : il palpite l’arbre posé sur le mur ! Il nous envoie un message, il nous donne quelque chose : ça s’appelle l’ancêtre guide. Il s’agit de ce fameux outil que l’on crée… et qui sert à créer.
Dans ce vaste champ de douleurs que peut être un arbre généalogique, un jour, la paix se fait, parce que l’histoire de nos ancêtres n’est pas la nôtre.

Dans le livre, vous expliquez que nous sommes tous la concrétisation du projet de vie de nos arrière-grands-parents. En faisant ce travail transgénérationnel, on allège donc les générations à venir. Mais quand il n’y a
pas de descendance, pour qui fait-on ce travail ? En fait, pour construire un arbre, nous avons besoin de connaître quatre, voire cinq générations. Au-delà, hormis quelques cas, nous lisons toujours des répétitions. Or, chaque génération transmet quelque chose de spécifique : les arrière-grands-parents transmettent le patrimoine, pas seulement matériel (immobilier, financier), mais aussi l’histoire familiale, des compétences, des traditions, des
cultures, des origines, des savoirs… Donc, en effet, lorsqu’on travaille à libérer l’histoire familiale, c’est tout bénéfice pour les générations suivantes. Mais quand il n’y a pas de descendance biologique, ce travail n’est jamais vain : on œuvre pour la progression de l’humanité. C’est ça qui est formidable ! Avec ou sans descendance, on peut être découragé par ce travail en profondeur sur le transgénérationnel, car, après tout, nous ne sommes qu’une mini-goutte dans cet océan d’histoires de vies familiales. Mais si, comme vous le dites, on œuvre pour l’humanité, c’est encourageant, on fait notre part!

Exactement ! Parce que la mini-goutte que nous sommes est complètement unique et singulière. Jamais, au grand jamais, il n’y aura une autre « Carine Anselme », née ce jour-là, qui décédera ce jour-là et sera passée par toutes ces
phases de vie. Vous êtes unique et singulière, tout comme moi et chaque être sur cette Terre ! Sinon, pourquoi aurais-je écrit ce livre, alors qu’il en existe d’autres autour de ce sujet ?! Parce que cette parole est la mienne (même si, par moment, je me sens connectée à une conscience plus vaste lorsque j’écris). J’ai d’ailleurs mis des années à me donner le droit de l’écrire…
Vous soulignez l’importance du rituel dans le travail du deuil pour ne pas rester sur de l’inachevé qui pourrait faire tache d’huile dans les générations suivantes. Comment retricoter ces rituels après le covid, alors que certains n’ont pas pu vivre les funérailles avec leurs proches décédés, traumas à la clé ?
Justement, l’idée est de refaire les funérailles, même des années après : convier les proches, organiser une fête à la mémoire de l’être qui a disparu, lui rendre hommage. Quitte à faire dire une messe, à aller au cimetière, former un cercle autour de la tombe et chanter en chœur… Par la même occasion, entrer dans la compréhension de la solitude de ceux qui sont partis ainsi, dans le silence, voire l’oubli. Ils appartiennent aussi à l’inconscient de l’humanité.
Avant de nous quitter, auriez-vous l’envie de transmettre un message ? C’est drôle que vous me demandiez ça, parce que pendant le Symposium International de Psychogénéalogie en mars dernier à Lyon, j’ai été interviewée
par un jeune trentenaire qui m’a lancé : « Parlez à ma génération, dites-nous quelque chose ! » Alors, j’ai dit ce que j’aurais dit à mes petites-filles : « Développons l’amour ! » Aimons-nous – et cela commence par soi-même. Arrêtons cette guerre incroyable que nous (nous) menons depuis la nuit des temps, cette petite voix intérieure qui clame à tout bout de champ : « Je ne suis pas capable, je ne vaux rien, je ne sais pas, etc. ». Au lieu de dire « je ne sais pas », disons plutôt : « Je ne sais pas encore, mais je vais apprendre ! » Alors, certes, on peut faire la
guerre à la guerre, mais si nous faisions l’amour à la guerre, peut-être aura-t-elle envie de se comporter autrement, non ?!

À LA RENCONTRE DE L’ANCÊTRE GUIDE
« L’élaboration de l’ancêtre guide est une des finalités de l’exploration de l’arbre généalogique », souligne Noëlle Lamy. Impossible ici de détailler tout le processus, qui se vit généralement en groupe, plutôt en résidentiel (car les rêves et synchronicités s’y expriment fortement). Vous en découvrirez les principales étapes dans le livre. « L’inconscient familial et l’inconscient personnel travaillent de concert à cette élaboration mentale de l’ancêtre guide qui vise à donner une forme précise à ‘l’ancestral’ et à instaurer un dialogue avec lui. » Jung l’appelait l’Ami intérieur. Cet ancêtre guide n’est pas un de nos parents, car cela le limiterait à notre histoire généalogique : « Il émerge du travail partagé dans le groupe à partir de la compréhension du consultant sur son histoire et nous fait entrer dans un monde imaginaire, voire symbolique. Il constitue un pont entre réalité et imaginaire. » Grâce à
lui, nous pouvons agir sur notre futur à l’aide de notre passé, mais aussi sur notre passé, sans contrainte. « Nous ap puyant sur l’imaginaire, nous travaillons à un niveau symbolique. L’ambition de l’ancêtre guide est de créer quelque chose qui va créer », décrypte Noëlle Lamy. Le plus souvent, il s’agit d’un personnage connu… Ce travail spécifique va permettre d’extraire une symbolique menant à une synthèse unificatrice des deux branches de notre famille. L’une des clés de ce processus est de nommer cet ancêtre guide, qu’il soit un personnage réel, historique ou de roman, un acteur, un artiste, un homme ou une femme politique (etc.).
« Cela nous permet de comprendre que ce personnage symbolise pour nous une énergie de créativité, une coloration spécifique à notre état, notre besoin d’évolution personnelle et notre identité profonde. » Noëlle Lamy cite l’histoire d’une participante qui avait opté pour Johnny Hallyday, avant de se rétracter en disant : « Ce n’est pas possible, cet homme-là ! » Or, quand elle est montée dans sa voiture, la radio diffusait « Que je t’aime, que je t’aime… ». « Inutile d’inventer !
La réalité est plus forte que la fiction », conclut Noëlle Lamy.

INTERVIEW Propos recueillis par Carine Anselme

https://webshop.neosante.eu/files/revue-pdf/neosante146-enzymes.pdf

 

 

INTERVIEW Propos recueillis par Carine Anselme

https://webshop.neosante.eu/files/revue-pdf/neosante146-enzymes.pdf

Individuation versus individualisme : une distinction cruciale

Les régimes autoritaires et fascistes se méfient profondément de la psychanalyse et des thérapies transgénérationnelles. Cette méfiance découle de leur potentiel à émanciper les individus et à promouvoir une pensée indépendante. En encourageant la liberté intérieure et la résilience individuelle, ces disciplines s’opposent directement aux objectifs de contrôle absolu et de conformité idéologique de ces régimes. En aidant les individus à se (re)connaître et à s’épanouir, la psychanalyse et les thérapies transgénérationnelles combattent les dynamiques oppressives des régimes totalitaires, contribuant ainsi à une société plus libre et diversifiée.

L’annihilation de l’individuation au profit de la conformité

Dans son essai « Malaise dans la civilisation », Sigmund Freud explore les tensions entre les pulsions individuelles et les exigences de la société. Il explique que la civilisation impose des restrictions aux pulsions primitives pour maintenir l’ordre, créant frustration et névroses. Les régimes totalitaires et fascistes exacerbent ces contraintes, cherchant à uniformiser les comportements et à supprimer toute forme de diversité et d’individuation. Le terme « fascisme » trouve ses racines dans le mot italien « fascio », qui désigne un faisceau de tiges identiques liées ensemble, symbolisant l’idéal fasciste où l’individu perd son identité au profit d’une masse uniforme.

Individuation versus individualisme : une distinction cruciale

Pour comprendre l’opposition entre l’idéal fasciste et les concepts psychanalytiques jungiens, il est essentiel de distinguer l’individualisme de l’individuation. L’individualisme, souvent critiqué pour son égoïsme, se caractérise par une mise en avant de soi-même au détriment des autres. L’individuation, telle que définie par Carl Gustav Jung, est un processus d’épanouissement personnel permettant à chaque individu de réaliser pleinement ses potentialités uniques. Ce processus aboutit à la création d’un être nouveau et original , contribuant à l’enrichissement et à la diversité du monde. L’individuation est bénéfique non seulement pour l’individu mais aussi pour la société, car elle valorise la diversité et les différences individuelles. Pour Carl Gustav Jung, l’individuation est donc le processus par lequel un individu devient ce qu’il est réellement, en intégrant les différentes dimensions de sa personnalité et en atteignant un état d’équilibre et de complétude. Dans le contexte des régimes fascistes, ce processus est radicalement opposé aux objectifs du régime. Le fascisme cherche à créer une société homogène et contrôlée, détruisant les fondements mêmes de l’individuation.

La répétition au service de l’ordre établi

Les régimes totalitaires et fascistes s’appuient souvent sur la répétition pour maintenir leur idéologie et leur pouvoir, en promouvant une conformité rigide et en supprimant toute forme d’individualité. Ils cherchent à créer des générations d’individus identiques, incapables de remettre en question l’ordre établi ou d’apporter des changements significatifs, perpétuant ainsi le statu quo et étouffant la créativité et l’innovation. La psychanalyse et les thérapies transgénérationnelles, telles que la psychanalyse transgénérationnelle, l’analyse transgénérationnelle et la psychogénéalogie, abordent les traumatismes et les schémas répétitifs hérités des générations précédentes, permettant aux individus de se libérer des poids psychologiques du passé.

La psychanalyse et la psychanalyse transgénérationnelle comme outils politiques

La psychanalyse et les thérapies transgénérationnelles possèdent selon moi et peut-être curieusement pour certains une dimension profondément politique. Elles visent à transformer l’analysant, non seulement en tant qu’individu, mais aussi en tant que membre de la société. La psychanalyse transgénérationnelle, en particulier, se révèle être un puissant outil de pacification. En aidant les individus à résoudre leurs conflits intérieurs et à se libérer des traumatismes hérités, elle engendre des effets pacifiants qui s’étendent aux relations familiales et sociales. La pacification d’un individu a des effets en cascade, pouvant souvent améliorer les relations de l’individu avec sa famille et la société. En conséquence, pacifier une société commence par la pacification de chaque individu. L’analyse ,sous ses diverses formes, procure également souvent un retour d’énergie permettant à la personne de réinvestir le monde extérieur de manière innovante et créative, s’opposant ainsi à la reproduction de l’identique.

Répressions politiques contre les psychanalystes

L’histoire nous offre de nombreux exemples de répressions politiques contre les psychanalystes. Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, a lui-même été contraint de fuir l’Autriche en 1938 après l’annexion par l’Allemagne nazie. Les nazis voyaient dans la psychanalyse une menace à leur idéologie totalitaire, car elle encourageait l’exploration de l’inconscient et la libération des pulsions individuelles, contraires aux principes de conformité et de contrôle absolu du régime. Les livres de Freud, parmi d’autres œuvres, ont été brûlés lors des autodafés nazis, symbolisant la répression de toute forme de pensée indépendante. D’autres psychanalystes ont également souffert sous des régimes autoritaires. En Union soviétique, les théories psychanalytiques ont également été sévèrement réprimées. Les psychanalystes soviétiques ont été persécutés, et la psychanalyse a été interdite sous Staline, car elle était considérée comme une discipline bourgeoise incompatible avec l’idéologie communiste.

Le mythe de la connaissance exhaustive de l’histoire familiale

Dans le champ transgénérationnel, persiste le fantasme selon lequel ce travail devrait mener à une connaissance exhaustive de l’histoire familiale, de ses traumas et de ses secrets. Cette idée repose sur l’illusion que l’on pourrait un jour reconstituer intégralement l’arbre généalogique et découvrir toutes les souffrances et vérités cachées. Toutefois, ce fantasme est une illusion, car les histoires familiales sont souvent marquées par des secrets, des omissions et des mensonges. Le véritable objectif des thérapies transgénérationnelles n’est pas la quête de cette connaissance exhaustive, mais l’individuation.L’individuation vise la guérison, permettant à une personne de retrouver tout le potentiel de déploiement dont elle est capable et dont elle est privée à cause des influences éducatives et transgénérationnelles. Cette capacité à se libérer des entraves du passé pour se réaliser pleinement dans le présent est véritablement subversive pour les régimes totalitaires et fascistes. En effet, l’individuation permet aux individus de se détacher des schémas répressifs et de contribuer à une société plus diverse et créative.

Résistance culturelle

Dans les sociétés sous régime autoritaire, la pratique de la psychanalyse et des thérapies transgénérationnelles peut devenir un acte de résistance culturelle. En encourageant les individus à se reconnecter avec leur identité personnelle et à guérir des traumatismes hérités, ces disciplines peuvent nourrir un sentiment de résistance pacifique contre l’oppression et la coercition idéologique. Cette résistance culturelle est un moyen puissant de subvertir les régimes totalitaires, en favorisant la résilience individuelle et collective.

L’auteur

Pierre RAMAUT

Pierre RAMAUT

Psychanalyste & psychanalyste transgénérationnel

Psychanalyste, psychanalyste transgénérationnel et sophrologue. Créateur de plusieurs outils innovants dans le champ de la santé mentale et du développement personnel : Généasens, Commemoria et Waystobe. Créateur et accompagnateur de « Marcher pour progresser » et d’un cycle de découverte du chamanisme mondial en lien avec le transgénérationnel : « Découvertes en terres chamanes ».

Trouver votre propre dimension

Voici ce que cet été 2024 pourrait nous permettre de découvrir
 
Mieux comprendre  notre rôle dans notre famille, car enfin  … Pourquoi est-ce moi, vous, qui avons la charge de régler ces histoires de familles
 
Trouver votre propre dimension, en entrant dans la puissance de votre propre vie.. La votre unique et singulière, dans sa plénitude et y trouver la joie 
 
Nul ne pouvant prendre votre place, apprenez à l’occuper pleinement et à l’apprécier dans toutes ses dimensions. Vous y trouverez naturellement vos aises.
 
Et découvrir au moins que cette famille peut apporter réponses à 2 des 3 questions essentielles :  d’Où venez-vous et qui êtes-vous.. 
Pour savoir ensuite où vous irez.
De tout cœur
Noëlle

Et si vous alliez voir du côté de vos ancêtres pour comprendre votre vie!

Dans ce cheminement, de la psychogénéalogie à la psychanalyse transgénérationnelle, l’auteure nous fait part, avec humanité et générosité, de près de vingt années de pratique et de recherches personnelles. Cela donne un livre extraordinaire à mettre en pratique, comprendre le sens à nos prénoms, aux métiers, à la place que vous occupez dans votre fratrie, aux dates anniversaire, aux fantômes qui se faufilent dans votre vie. Un livre généreux qui quant à moi sera une bible sur le sujet.

Le livre

En apprenant à utiliser le cercle temporel, l’empreinte de naissance et les grandes lois du transgénérationnel, dans le but de remonter à l’origine de nos souffrances, de réelles pépites se révèlent, dans un déroulement construit et profond guidant nos pas depuis le plomb de nos souffrances familiales vers l’or alchimique de notre futur. Si la première partie, « Alchimie de l’Arbre », nous donne les clefs de compréhension de cette pratique, la seconde, « Arbre alchimique », nous apprend à utiliser l’or de notre histoire par notre inconscient grâce à la pratique de la psychophanie et au travail de l’Ancêtre Guide. Ces approches visent à comprendre comment le passé familial peut influencer le présent et à trouver des moyens de s’en libérer pour créer un avenir plus épanouissant.

Qui est Noëlle Lamy

Formée aux soins à l’autre depuis ses études de kinésithérapie, Noëlle Lamy, a exploré de nombreuses pratiques, toutes orientées d’abord vers la compréhension du corps et son langage symbolique puis vers la psyché, ses limitations d’expressions et ses richesses cachées. Elle se forme en ostéopathie, puis à l’anthroposophie et à l’énergétique par la médecine traditionnelle chinoise, enfin, attirée par le symbolisme et l’invisible, elle entre dans l’étude et la pratique des histoires familiales.

Vidéo

Recherche transgénérationnelle et processus alchimique : Rencontrer votre ancêtre guide.. Pourquoi??

Nous le savons tous aujourd’hui, le processus transgénérationnel nous conduit parfois à découvrir ce qu’ont vécu nos ancêtres, et plus particulièrement certains secrets de leurs vie qu’ils ont souhaité nous cacher.

Par exemple, ne jamais laisser son enfant accéder au livret de famille, aller soi même en mairie quand il a besoin de refaire ses papiers d’identité et ainsi lui cacher la date du mariage exacte du mariage..

Ce qui lui ferait comprendre que au moment du mariage la jeune femme était enceinte.

Autre exemple découvrir que son père ou sa mère, avait déjà été marié avant cette union qui a vu notre naissance.Ainsi le premier lit est passé sous silence, souvent oublié et en toute logique, il faudra se poser la question de savoir si des enfants sont nés de cette union, et surtout ce qu’ils sont devenus.

Apprendre lors de la lecture d’un acte de mariage que le père est « empêché » ce qui va nous renvoyer à une incapacité de présence ( plus qu’à une absence) due sans doute à une hospitalisation longue ou un internement, soit en hôpital psychiatrique, soit en prison.

Ces découvertes vont venir heurter le roman familial que nos parents et grands parents nous racontent, et qui parfois sert à endormir notre curiosité, toute légitime, d’ailleurs car les enfants sentent parfaitement et savent très bien quand les parents racontent des histoires fausses, retiennent la vérité ou sont les difficulté sur les réponses à apporter à leurs enfants.

Ou ce roman apporte de la beauté là où il y a la difficulté, le chagrin et la peine, et parfois , le malheur voire l’horreur.

Pourtant, d’une manière ou d’une autre, nos enfants finissent pas découvrir ce qui est réellement arrivé à notre famille. Nous pouvons l’expliquer par la télépathie dont sont dotés les enfants , comme le soulignait Freud, par l’épigénétique dirions nous actuellement, car les découvertes en neurosciences et en génétiques sont à ce point affinées que cette notion se démocratise largement et chacun de nous, concerné par cette recherche qu’est le Transgénérationnel ou la psychogénéalogie le sait bien maintenant,

De même, il est important de donner à un enfant toutes les informations sur son origine, car comment se diriger dans notre vie si nous ne savons d’où nous venons. Ce roman familial est notre matière brute de départ. Nous allons, dans un travail en psychogénéalogie, tout d’abord, donner la structure de notre histoire et réveillant le Juge de paix qu’est l’État Civil, afin de dessiner au plus juste l’arbre généalogie que notre famille.

Les dates ne peuvent cacher ce que nous avons évoqué plus haut, à savoir la réalité de la vie de ma famille. et que quand mes parents ( par exemple) se sont mariés ma mère m’attendait.

Ainsi de la même manière que l’alchimie travaille à partir d’un matériau brut, et tente d’accéder à la lumière, le travail en psychogénéalogie, nous permet d’accéder à la lumière de la réalité, et nous offre la compréhension de ce qui n’a pu être achevé des ressources de nos anciens et qui deviendront ainsi, la mémoire de notre futur, car il nous appartiendra sans doute de conduire à son terme une exploration de vie induite par nos arrières grands parents. Nous sommes tous la concrétisation du projet de vie de nos arrières grands parents.

Le travail dans le monde du transgénérationnel ouvre un large, très large éventail de possible. Tous reliés dans l’immensité de l’Universelle expression de la Vie..

Nous en sommes tous individuellement le microcosme, d’un macrocosme qui nous montre le chemin à suivre et la puissance du but.

Je compare volontiers l’entrée en psychogénéalogie à la quête de l’alchimiste, qui commence avec la recherche de cette matière première. La nôtre est là, à notre entière disposition dans notre inconscient et dans les registres de l’état civil. Le second va éveiller le premier.

Jung nous a ouvert ce chemin de comparaison, car, dans la lecture des rêves de ses patients, il a mis en évidence cette expression inconsciente donc puisque rêvée, des symboles de l’alchimie. Mais sans doute aussi, car ils sont des expressions archétypales de nos inconscients. Alors ce chemin de découverte de notre histoire dans cette incarnation, consiste souvent à transformer le plomb de nos mémoires en or de notre futur. Richesse infinie qui ouvrira sur des lendemains plus légers, et ouverts à d’autres découvertes. En ce sens, notre passé contient toutes les informations utiles à notre devenir.

La vile materia prima de l’alchimiste est présente partout, à disposition totale de qui sait regarder, et sous des apparences multiples elle se révèle unique et indifférenciée. Ainsi l’œuvre que nous ouvre le transgénérationnel commence-t-elle par la connaissance la plus fine possible de notre origine et le début se nomme parfois, douleur, difficulté à trouver sa place, tristesse non définie, traumatismes mélancolie, et nos consultants entrent alors en recherche de leur histoire par la psychogénéalogie.

Ce sera la 1ère phase, de ce grand œuvre, qui débute aux portes des mairies ou par les registres numérisés sur l’écran de nos ordinateurs, dans la lueur de nos écrans, car tout cela se fait beaucoup la nuit. Moment privilégié de la manifestation notre inconscient. Addiction subtile mais puissante de ce savoir qui prend forme sous nos yeux : la signature de nos anciens..

Ce moment du travail peut être qualifié d’œuvre au noir.

A ce stade, nous sommes vraiment alors dans le brouillard, parfois même incapable de bien comprendre un acte, et je ne parle pas là de la lecture de ces paléographies, si jolies d’ailleurs, utilisées par les ancêtres de nos officiers de l’état civil. Écritures ampoulées d’une encre parfois délavée, ou pattes de mouches illisibles sur les registres paroissiaux, piquetés de taches d’humidité, abréviations incompréhensibles à des yeux modernes, et des cerveaux d’aujourd’hui, tout habitués à des textes proprets dans des polices très identifiées. Nous allons alors passer des heures nombreuses de nos nuits blanches à chercher un acte, qui mettra des mois à s’ouvrir enfin à nos yeux fatigués.

Il faut aussi dans ce passage parler de la calcination , du feu qui purifie nos illusions, nos façons de voir notre histoire, passage parfois très douloureux, car il convient de comprendre que la douleur a une racine réelle.

Traumatisme, violence, putréfaction, et les mots des consultants sont là, « ça sent mauvais tout cela! » « Tout ce que je croyais s’efface, et autre chose s’installe » . Décomposition d’une image fausse ou faussée pour laisser place à tout autre chose.

Notre intérieur se transforme en chaos et nous avons mal, la tristesse, la colère le chagrin et aussi la peur nous occupent et nous colonisent, parfois nous avons le sentiment d’être revenu à ce temps de douleur, même s’il est celui de nos ancêtres, tant cela habite nos mémoires. Alors, dans un geste d’impuissante colère, nous rejetons tout cela, loin de nous, le plus loin possible, pour un temps, pour un temps seulement car là, à l’intérieur de nous, dans ce lieu en nous que nous entrevoyons à peine, souffle le feu, brûle le besoin d’entrer en paix, et la certitude qu’il existe une autre façon d’être au monde.. ..Mélancolie d’un temps plus doux dont nous avons gardé la mémoire, mais cette mélancolie est pour moi bienheureuse, car elle ouvre à un chemin tout neuf, à une fertilité invisible encore à ce stade, mais réelle et le thérapeute accompagnant le sait bien, il saura maintenir vigilante la flamme du désir de vie de son consultant.

A ce stade nous allons traverser la phase de l’œuvre au blanc, notre conscience se modifie, s’ouvre à une nouvelle dimension et se nettoie des scories de nos croyances et de nos illusoires connaissances.

Voici que s’éveille, dans cette étape de discernement, ce que nous, Souvent, nous Oublions à l’Intérieur de nous, le SOI. Dans la mesure où nous comprenons les projections de nos parents auxquelles nous avons répondu favorablement dans un premier temps de notre vie, qu’elle qu’en soit la longueur, dans la mesure où nous acceptons de nous en débarrasser, nous allons désencombrer notre espace intérieur et laisser la place disponible à l’apparition de ce que nous sommes.

Pour Jung, le SOI est la Source et l’Origine de notre Intériorité, aventure formidable de notre existence psychique.

De même que nous traversons différents niveaux de conscience depuis la conscience la plus animale, dont certains malheureusement sortent très tard dans leur existence, jusqu’à la conscience la plus subtile, celle d’un plan sacré duquel nous sommes nous tous les rouages les plus affinés, de même cette phase que l’on peut assimiler à l’Oeuvre au jaune, devient-elle une phase d’épuration, de tri, de finesse dans ces choix car nous allons, dans l’intuition la plus profonde, garder les outils nécessaires à notre devenir.

Et toute la légèreté, la finesse, la subtilité viennent de cette intuition, présente et discrète de ce que nous avons à devenir. Nous sommes dans le point du jour, dans le point de notre premier jour, ce lieu de naissance de ce monde dans lequel il faut, à la fin que nous comprenions notre rôle et de quoi nous sommes, nous êtres humains, la forme symbolique, puisque tout langage n’en est qu’une manifestation. C’est à peu près à cet endroit du travail de transgénérationnel que se déploie cette phase étonnante de la recherche de notre ancêtre guide. Dans cet espace que ces 3 étapes viennent d’ouvrir, notre inconscient apporte des informations que nous sommes prêts à entendre. Nous sommes passés par l’intégration de notre ombre, dans le sens de nos difficultés mais aussi de tout ce qui est caché, nous avons trouvé au travers d’une lumière doré la capacité à garder ce qui peut nous permettre d’avancer encore, ou le piège dans lequel je peux me fourvoyer. car qu’il est facile de se laisser berner par le reflet, de projeter encore des désirs de puissance plutôt que de laisser agir en nous la Vie dans toute sa puissance. L’œuvre au rouge permet d’accéder à une étape d’émerveillement de la compréhension de l’arbre. Jusqu’à présent, nous le construisons, le révélons dans la réalité de de son vécu, de ses expériences, de ses traumatismes et la profondeur de leurs conséquences; Nous avons, grâce entre autre, au travail d’écoute conduit par les psychophanies, rendu hommage à ces vies qui se sont déroulées avant la nôtre, celle de nos anciens dans leurs limites, et leurs empêchements et souvent nous avons pu apporter à ces souffrances une consolation ou parfois aussi des espaces de rédemption. Et dans cette dernière partie nous recevons, de l’arbre, ou de l’inconscient de l’arbre, la capacité à créer. Cela vient de notre inconscient, du fait que nous le laissons nous dire depuis plusieurs mois déjà, l’histoire et les finesses de notre arbre, il sait maintenant que nous l’écoutons. Nous sommes plus sensibles aux synchronicités, et nous tenons compte de ces petits et si nombreux messages que la Vie nous envoie pour baliser notre chemin.

Avec la création de l’ancêtre guide, l’arbre nous donne la possibilité d’entrer en création. Nous allons créer un outil pour créer. C’est l’endroit le plus époustouflant de ce travail, nous devenons créateur à partir des mémoires et des inconscients du passé de notre famille, nous devenons créateur de notre futur. Co-créateur plus précisément, car nous acceptons enfin que la vie agisse à travers nous. La vie, le Sacré, le Divin, comme vous souhaitez le nommer, . Ce qui reste à voir est ce changement de personnalité pour tous, car nous acceptons enfin d’entrer en « réalisation de SOI ». Ce n’est effectivement plus moi qui compte car en entrant en réalisation de soi, j’œuvre à la Réalisation du SOI, en conscience, dans la réalité de mon histoire, et la compréhension de l’amour circulant.

Ainsi si je veux résumer ce travail de l’ancêtre guide : Par la construction de l’arbre, que j’appelle souvent la Danse de l’arbre, je brûle les identifications auxquelles j’ai accepté de répondre selon les

projections de mes parents à mon égard. Cette première victoire apporte la paix du cœur un regard plus juste sur notre présence.

Calcination ; Parce que je peux maintenant me replacer au cœur de ma propre existence, se pose à moi la nécessité de revisiter toutes mes croyances et d’abandonner certaines de ces béquilles auxquelles j’étais identifiée en toute rigidité, sans état d’âme. Dans une telle liberté, je choisis mon propre cheminement, même s’il est difficile.

Solution : Dans cette responsabilité de mes choix et de leurs conséquences, je peux voir mon état réel et ma psyché se montre dans ses fragilités et ses forces, et se place dans la relation au monde, c’est un processus d’individuation.

Coagulation : Par ce même processus, je comprends les cycles et les répétitions de mon arbre mais aussi de ma vie, que je peux enfin voir, je peux aussi les comprendre et leur apporter une autre voie. Je peux devenir spectateur de ma vie, en évitant le danger de la dissociation. Je deviens Veilleur. ce n’est pas si simple ni si facile, La répétition cessera d’elle-même.

Sublimation : Il y a donc des temps de fin de souffrance et des temps de début d’autres vécus, plus ou moins sublimés, plus ou moins faciles, mais passionnants car je vois enfin comme le Soi peut être ligoté, empêché, abîmé voire fracassé.

Ici la question D’Être ou de ne pas Être prend tout son sens. Voir nos ego centrages, nos limites, nos mise en résistance et en protection, un système de survie…

Mortification : Par le travail de l’ancêtre guide, j’intègre ces fonctions importantes que Jung nous explique, et auxquelles je me suis plus ou moins identifié, puisque jusqu’à présent elles m’ont sauvé la vie, qui sont la Pensée, l’Intuition, le Sentiment et la Sensation. Elle sont indispensables toutes 4 à même hauteur.

La sensation me dit que quelque chose existe, la perception, la pensée me dit ce que c’est, le sentiment me dit l’effet que cela me fait, et l’intuition d’où elle vient et ce que cela va devenir.

Tout cela posé et bien différencié va servir de nourriture à la phase de réactivité qui s’exprime par l’écriture en premier lieu, dans un processus de création littéraire et poétique à partir des données de

notre inconscient. et en second lieu dans l’acte de passage, qui marque formellement le pont entre deux états, et l’utilisation que l’on peut en faire.

Démonstration parfois magistrale de notre puissance.

Je ne peux alors m’empêcher de donner la parole à Nelson Mandela

Nous n’avons pas peur de ne pas être à la hauteur.

Notre vraie peur est d’être trop puissant.

C’est la lumière qui est en nous, pas les zones d’ombres qui nous terrifie le plus.

Car, qui sommes nous pour ne pas être ce que nous sommes?

Qui sommes nous pour être si brillants, si formidables, si talentueux, si plein de ressources?

En fait, pour qui vous prenez vous pour ne pas l’être?

Vous êtes fils et filles de Dieu.

Jouer les petits ne rend pas service au monde.

Se déprécier pour conforter les autres autour de soi n’a rien de très illuminé.

Nous avons tous , pas seulement quelques uns d’entre nous, tous, été créés pour

irradier la gloire de Dieu qui est en nous.

Quand nous la faisons rayonner, nous incitons les autres à faire de même.

En abandonnant notre propre peur, notre présence aide les autres à se libérer des

leurs.

Marianne Williamson pour Nelson Mandela

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